Chronologie des rois de France
Publié le 20/12/2008 à 12:00 par didgeridoo
Histoire et personnalités
Le baptême de Clovis, d'après le Maître de Saint Gilles, ca. 1500
Le premier représentant historique de la dynastie mérovingienne, Childéric Ier, fils de Mérovée, dominait l'ancienne province romaine de Belgique Seconde. Mais c'est Clovis, petit-fils de Mérovée, qui par ses campagnes militaires, agrandit vraiment le royaume des Francs (latin regnum francorum) à l'est en Alémanie et au sud-ouest en Aquitaine (alors dominée par les Wisigoths). Cette expansion fut possible après sa conversion et son baptême (vers 496), et grâce à l'appui de l'aristocratie gallo-romaine et de l'Église catholique. Il installera sa capitale à Paris vers 507.
A la suite de son règne, on fit du nom Mérovingien une ère historique : le peuple sous-jacent à cette appellation était le peuple des Francs, qui donna le nom « France ».
Ce peuple autrefois qualifié de « barbare » par les Romains était un peuple germanique : aussi, le royaume fut partagé à la mort de Clovis, en 511. Divisé une première fois entre les quatre fils de Clovis – la région de Metz revint à Thierry, Orléans à Clodomir, Paris à Childebert et Soissons à Clotaire – le royaume fut réunifié sous le règne de Clotaire Ier, puis divisé à nouveau entre les fils de ce dernier.
Cette coutume du partage du royaume pratiquée chez les peuples germaniques constitua une règle de dévolution du pouvoir : celui-ci était partagé à la mort du roi entre les enfants de sexe mâle de ce dernier et le royaume était considéré comme un patrimoine familial. S'en suivirent une multitude de morcellements, mais également de nombreuses luttes fratricides, menées dans l'espoir de limiter l'éclatement du territoire conquis à l'origine par Clovis.
C'est ainsi que l'on vit, par exemple peu après la mort de Clodomir, l'assassinat des fils de ce dernier par leurs oncles, Childebert Ier et Clotaire Ier. Aussi, la pratique de la vengeance germanique (faide), ensanglanta bientôt la famille royale mérovingienne.
Une querelle familiale opposa pendant près de cinquante ans les deux frères Chilpéric Ier et Sigebert Ier, et leurs femmes respectives, Frédégonde et Brunehilde. Selon les chroniqueurs (favorables à Brunehilde) Frédégonde se montra d'ailleurs particulièrement cruelle, faisant assassiner :
* Sigebert Ier en 575 ;
* tous les enfants illégitimes de son mari Chilpéric Ier, pour s'assurer que le royaume ne revienne qu'à son propre fils ;
* son propre mari, en 584, après qu'il se fut aperçu qu'elle entretenait des relations avec le maire du palais Landry;
* Childebert II, fils de Sigebert Ier, en 596.
Après ces cinquante années de troubles vint une période de paix (relative) avec Clotaire II, le fils de Chilpéric Ier, qui réussit à réunifier le royaume des Francs, non sans avoir éliminé les gêneurs et les prétendants au trône. Il rassembla ainsi :
* l'Austrasie : l'est de la France actuelle, l'est de la Belgique actuelle et les régions rhénanes ;
* la Neustrie : le nord-ouest de la France actuelle (sans la Bretagne) ;
* la Burgondie : du nom des Burgondes, un autre peuple germanique qui était demeuré arien à l'époque de Clovis, (l'actuelle Bourgogne et le Centre (Orléans).
Parmi ses deux fils, Charibert et Dagobert, le premier mourut prématurément et le second fit assassiner son neveu pour assurer l'unité du territoire. Le court règne de Dagobert Ier marqua alors une période d'apogée et de relative paix dans le royaume mérovingien.
Conceptions et organisation du pouvoir mérovingien
Les rois francs étaient en principe élus par les "hommes libres" du peuple, un concept juridique qui recouvrait à l'origine des situations sociales diverses. Ces hommes libres, que Grégoire de Tours désigne sous le nom de "Francs", furent progressivement assimilés à un groupe supérieur de la société, des "Grands" qu'on ne peut pas encore appeler noblesse. Cependant le principe héréditaire prévalut et les « Grands » durent choisir le souverain parmi les descendants mâles de la famille mérovingienne, ainsi érigée en dynastie. Les rois mérovingiens détenaient le mund, puissance charismatique et surnaturelle transmise par le sang et légitimée par les victoires du chef. On pensait alors que l'ascendant magique du roi franc résidait dans sa chevelure : ils sont surnommés les "rois chevelus" (en latin Reges criniti). C'est pour cette raison que le dernier des rois mérovingiens, Childéric III, fut tondu avant d'être enfermé par le nouveau roi, comme nombre de ses prédécesseurs qui avaient été écartés du trône. En 750, les derniers Mérovingiens, appelés ultérieurement « rois fainéants » par Eginhard pour légitimer la prise de pouvoir carolingienne, avaient depuis longtemps perdu tout pouvoir, excepté dans les apparences. Ce fut le temps d'une nouvelle dynastie franque issue de l'aristocratie austrasienne : les Carolingiens, dont le premier roi, Pépin III, dit le Bref, fut couronné et sacré après avoir déposé Childéric III, le dernier Mérovingien, avec l'aval du Pape.
La puissance de la dynastie mérovingienne s'appuyait surtout sur un réseau de fidélités. Les rois distribuaient terres, revenus et charges « publiques » à partir du trésor royal (le fisc) pour s'assurer le soutien de l'aristocratie. Le trésor royal, à la fois privé et public (car le roi était émanation du peuple), s'était ainsi substituée aux « biens publics » de l'époque romaine, évolution qui jeta les bases de la vassalité.
L'administration du palais royal était confiée à des officiers domestiques, fidèles et compagnons du roi :
* le « connétable » était chargé des écuries royales ;
* le « maréchal » s'occupait du tribunal ;
* le « référendaire » envoyait les ordres écrits du roi dans les régions où le pouvoir de ce dernier s'exerçait ;
* mais c'est surtout la charge de « maire du palais » qui prit de l'importance, en raison de son rôle central au cœur des relations du pouvoir avec l'aristocratie.
Fibules mérovingiennes
Le pouvoir local était conféré aux comtes, aux évêques qui furent progressivement nommés par le roi.
Le comte (comes ou « compagnon » du roi) dirigeait une circonscription (pays ou pagus) et constituait un véritable relais du pouvoir. Ses fonctions étaient diverses : il convoquait les hommes libres à l'armée, recevait leur serment de fidélité et levait ainsi les armées (l'ost). La charge de comte était promise à un bel avenir : elle survécut durant tout le Moyen Âge et ses titulaires affirmèrent leur indépendance chaque fois que le pouvoir central défaillait. Ainsi, dès l'époque mérovingienne, certains comtes formèrent de véritables dynasties et devinrent incontrôlables, surtout dans les régions périphériques du royaume. Une partie de l'aristocratie du royaume constitua alors une noblesse héréditaire.
Succession chez les Mérovingiens
La chute de l’Empire romain d’occident a été suivie par la mise en place de plusieurs royaumes barbares. La notion d’État qui était fondamentale dans le droit romain disparaît. Le royaume franc était considéré d’après la tradition germanique comme un bien patrimonial, c’est-à-dire que le royaume constituait le domaine familial du roi. Il n’y avait plus de distinction entre l’État, sa personne et son bien. Les victoires militaires aboutissaient donc à l’accroissement de la propriété familiale du roi. Ce partage était issu de la loi salique germanique. Cette loi excluait les femmes de la succession tant qu’il restait des héritiers mâles. Ainsi à la mort du roi, le royaume était divisé entre ses enfants de sexe masculin.
Difficultés pratiques
La première difficulté pratique était que le royaume devait être divisé équitablement. La mort du roi était suivie de nombreux pourparlers afin de décider de quelles régions allait hériter chaque fils. Ensuite, le partage du royaume faisait qu’il n’y avait plus un seul souverain à la tête d’un grand royaume mais plusieurs souverains à la tête de plusieurs petits royaumes ce qui affaiblissait considérablement le pouvoir de la dynastie franque. Cependant, le partage du royaume n’était pas aussi anarchique qu’on pourrait le croire. Bien qu’ayant chacun un bout de territoire franc, ils souhaitaient tous préserver l’unité du Regnum (royaume). Chaque héritier était donc considéré comme Rex Francorum, c’est-à-dire roi des Francs. Cette recherche d’unité était telle que les frontières ont toujours été très défendues contre les différentes tentatives d’invasion. Ainsi, bien que divisé, le royaume franc était toujours considéré comme une unité. Enfin, Paris ancienne capitale sous Clovis, a perdu ce rôle pour devenir le symbole de l’unité du royaume car elle était exclue des partages.
Conséquences politiques
Plusieurs parties de territoires pouvaient être réunies par la force ou si l’un des frères mourait sans enfants.
Le partage du royaume créa donc des conflits fratricides dictés par la convoitise qui étaient généralement suivis par des meurtres en série ou des guerres entre royaumes frères.
Prenons l’exemple de Clovis Ier. Sa mort a été suivie du premier partage du royaume entre ses quatre fils : Théodoric, Clodomir, Childebert, Clotaire. Clodomir mourut lors d’une des nombreuses conquêtes qu’entreprirent les quatre frères. Les autres massacrèrent alors leurs neveux pour écarter tout héritier sauf saint Cloud qui se fit tondre (la chevelure des rois mérovingiens était légendaire, ils tenaient leur force et leur charisme de leurs cheveux qu’ils laissaient longs). Théodoric mourut après avoir envahit la Thuringe. Ses successeurs le suivirent rapidement suite aux guerres incessantes. Clotaire envahit le territoire de son frère aîné. Childebert mourut peu après sans descendance. Clotaire réunifia donc entièrement le royaume franc. Mais ce fut à la mort de ce dernier que les choses se sont réellement envenimées. Clotaire mourut avec quatre héritiers : Caribert, Chilpéric, Gontran, Sigebert. On procéda donc à un second partage du royaume qui fut suivi d’une longue « saga familiale » tragique confrontant la famille de Sigebert et Chilpéric. Cette querelle familiale, largement alimentée par la haine entre leurs épouses respectives, Brunehilde et Frédégonde, tourna rapidement à la guerre civile (connu sous le nom de faide royale).
Lorsque Sigebert épousa Brunehilde (fille réputée belle, intelligente…), son frère, jaloux, épousera Galswinthe, la sœur de Brunehilde, qui finira finalement étranglée dans son lit par la maîtresse et future épouse de Chilpéric, Frédégonde. La haine s’installera donc entre les deux couples. Les territoires francs passeront de mains en mains. Finalement Sigebert et Chilpéric seront tous deux assassinés par Frédégonde. Les deux reines, toutes deux tutrices s’affronteront en tuant neveux, cousins et oncles afin de mettre leurs fils respectifs sur le trône.
La haine que se voueront Frédégonde et Brunehilde aggravera la division Austrasie – Neustrie. Elle fera perdre toute unité au royaume et freinera le développement de la dynastie mérovingienne. Les conflits familiaux profiteront, par ailleurs, aux maires du palais. Ces guerres vont appauvrir les rois alors que les maires du palais vont s’enrichir et vont ainsi bénéficier d'un pouvoir croissant qui vont les amener jusqu’au trône avec l'avènement de Pépin le Bref.
Lent déclin des Mérovingiens
À partir de 639 (à la fin du règne de Dagobert Ier) commença l'époque des rois fainéants : souvent très jeunes – les querelles familiales pour le pouvoir ne leur laissaient qu'une espérance de vie très faible – les souverains mérovingiens devinrent le jouet de l'aristocratie.
D'autre part, dans un contexte général de crise économique en Occident, les richesses acquises par leurs prédécesseurs s'étaient considérablement amenuisées, suite à l'arrêt des campagnes militaires pour étendre le royaume, aux détournements de l'impôt et aux dépenses engagées pour venir à bout des révoltes et pour acheter la fidélité des vassaux.
L'autorité des Mérovingiens s'affaiblit donc pendant cette période de pauvreté et de déclin de la monarchie, tandis que s'imposaient peu à peu les maires du palais.
À l'origine simple intendant, le maire du palais devint avec le temps le réel administrateur du royaume en raison de son rôle central dans les relations avec l'aristocratie franque. Étant issu de celle-ci, en effet, le maire du palais défendait naturellement les intérêts des nobles, ce qui valut aux détenteurs de la charge un prestige croissant.
Progressivement, la charge de maire du palais consista notamment à déclencher les guerres, à négocier les accords avec les pays voisins, à nommer les évêques, les ducs et les comtes…
Les membres de la famille des Pippinides, maires du palais austrasien de père en fils, profitèrent de cette situation et, pendant plus d'un siècle, ne firent qu'accroître leur influence à la cour, jusqu'à ce que Pépin le Bref évinçât, en 751, le dernier roi mérovingien, Childéric III, et le fît tondre, puis enfermer dans un couvent, pour monter sur le trône.
Pépin fut sacré roi en 754, à Saint-Denis, avec la protection du pape Zacharie. Son couronnement marqua, par la suite, l'avènement de la dynastie des Carolingiens.
Les Mérovingiens et l'historiographie
À partir du règne de Charlemagne commença une véritable entreprise de dénigrement de la dynastie mérovingienne dont le principal responsable est Eginhard.
Afin de justifier le coup d'État carolingien de 751, celui-ci laissa à la postérité une image bien terne des Mérovingiens que certains historiens de XIXe siècle reprirent, image qui a été diffusée par l'école, et qui est encore dans l'esprit de beaucoup.
Ainsi, il présenta les Mérovingiens comme des rois n'ayant rien fait, n'ayant fait néant, c'est-à-dire sans acte remarquable ; ce que les historiens du XIXe siècle traduisirent par fainéants et que l'image véhiculée, et raillée, par Eginhard des rois se déplaçant en char tiré par des bœufs n'arrangea pas. Or, chez les Francs, peuple d'éleveurs, se présenter en char tiré par des bœufs est un signe de richesse et de pouvoir.
De même, à une époque carolingienne où la mode est aux cheveux courts, présenter les Mérovingiens comme des rois ne se coupant pas les cheveux a également véhiculé cette idée de fainéantise. Or, là aussi, les cheveux longs sont, chez les peuples germaniques, un signe de pouvoir et lorsque que Pépin le Bref dépose le dernier roi mérovingien, il prend bien soin de le tondre, plus pour lui retirer un dernier attribut de sa puissance quasi-divine et montrer ainsi qu'il est incapable de régner que pour lui appliquer la tonsure monastique.
Au IXe siècle, à une époque où toute cette mystique païenne du roi germanique est un peu oubliée, Eginhard peut la retourner dans une entreprise de propagande qui a bien fonctionnée puisque, encore aujourd'hui, on a une image peu glorieuse de ces rois.
Les nécropoles mérovingiennes
Nécropole mérovingienne de Civaux (France)
Les tombes mérovingiennes étaient des sarcophages de plâtre, des cercueils en bois ou parfois des individus en pleine terre. Celles-ci contiennent usuellement de nombreux bijoux de verre, des armes, des restes de vêtements et diverses offrandes. Ce n'est qu'à l'époque carolingienne, que les offrandes furent interdites par l'Église, en tant que pratique païenne.
De façon générale, les études montrent que les gens étaient durant ces périodes en bonne santé et robustes, et n'avaient que rarement des carences alimentaires.
On trouve très peu de tombes d'enfants. À cette époque, les enfants n'étaient baptisés qu'à l'âge de 3 ou 4 ans, lorsqu'on était certain que l'enfant était en bonne santé et allait vivre, car un baptême coûtait fort cher. Les enfants décédés sans être baptisés étaient donc enterrés en tant que non-chrétien, hors de l'enclos sacré.
Publié le 20/12/2008 à 12:00 par didgeridoo
PHARAMOND
1er roi de France
Descendant de Priam
Pharamond est le premier duc des Francs saliens. En l'an 420 il traverse le Rhin près de Cologne en direction de l'ouest. Il divise la tribu des Francs en deux moitiés : les Francs saliens et les Francs rhénans ou « ripuaires ».
Traditionnellement, Pharamond est considéré comme le premier monarque mérovingien : il aurait pour fils Clodion le Chevelu et pour petit-fils Mérovée. Néanmoins, il s'agit sans doute plus de légende que de réalité historique.
Seuls deux historiens, Prosper Tyron et Dom Bouquet, nous ont reporter de sa vie dans des siècles plus jeunes.
Pharamond a été le premier Roi de France. Quelques Historiens pour relever l'éclat de la naissance de ce Prince, ont eu recours à la fable, mais inutilement. Il était Roi d'un Peuple qui n'a jamais obéi qu'aux descendants de ses premiers Maîtres. Ce Titre Auguste prouve invinciblement l'antiquité de sa Race (Dynastie). Ce fut vers l'an 420, pendant qu'Honorius régnait en Occident, et Théodose le jeune en Orient, qu'il fut élevé sur un bouclier, montré à toute l'Armée, et reconnu Chef de toute la Nation. C'était toute l'inauguration de nos anciens Rois. C'est aussi tout ce qu'on fait de certains sur son regne. On ignore ses autres exploits, le temps de sa mort, le lieu de sa sépulture, et le nom de la Reine son Epouse. On dit seulement qu'il eut deux fils, Clodion qui lui succéda, et Clénus, dont la destinée nous est inconnue. Pharamond mourut en 428, après huit ans de regne.
Publié le 20/12/2008 à 12:00 par didgeridoo
A l'époque où l'autorité de Rome n'est plus reconnue au Nord de la Gaule et que le préfet des Gaules se bat contre Wisigoths et les Vandales dans le Sud, Clodion le Chevelu en profite pour attaquer la ville de Tournai dans le Nord. Tournai se rend en une seule bataille. Clodion continu sa marche vers Cambrai puis vers la Somme. Malgré sa défaite à Hélesme contre le "dernier des romains", Aetius, ces évènements marqueront l'installation définitive de la nation franque dans le Nord de la France. Il fit la paix avec Aetius et mourut en 448.
Publié le 20/12/2008 à 12:00 par didgeridoo
Roi des Francs Saliens : règne 448-458
Considéré comme le troisième de nos rois, ayant donné son nom à ceux de la première dynastie (les Mérovingiens), ce personnage, dont l'existence est entourée de beaucoup d'obscurité et dont on possède plutôt la légende recueillie par Jacques de Guise que la biographie, est donné pour successeur à Clodion. Son nom, Merowig, signifie éminent guerrier.
C'était un simple chef des Saliens né vers 411, dont le nom vint jusqu'aux oreilles des Romains et que Grégoire de Tours nous apprend avoir été fils de Clodion (ou Chlodion).
Mérovée (448-458)
Frédégaire raconte même que l'épouse de Chlodion le mit au monde après avoir eu commerce avec un monstre marin ou du moins s'en être approchée. Ce conte doit être placé à côté de toutes les inventions de Jacques de Guise, que quelques savants sans critique ont prises au sérieux.
On ne sait que fort peu de chose de Mérovée ; on n'est pas même d'accord sur la date de sa mort. Il monta sur le trône vers 448 et régna environ 10 ans. Aétius, qui l'adopta, selon le témoignage de Priscus, lui concéda sans doute un territoire dans les Gaules, où son frère aîné avait déjà fait un établissement.
Attila, après avoir saccagé les provinces de l'Orient, revenait en Occident à la tête d'une armée nombreuse, où se trouvaient plusieurs rois qui lui obéissaient. Aétius et Mérovée marchèrent au-devant de lui. Une bataille sanglante fut livrée, le 20 septembre de l'an 451, en Champagne. Il y eut, dit-on, de part et d'autre, 300 000 hommes de tués.
Quoique Aétius eût eu l'avantage, Grégoire de Tours convient que ce général, après le combat, engagea Mérovée à s'occuper de ses propres affaires. Sidoine Apollinaire reconnaît qu'il y avait des Francs dans les deux armées. Les historiens contemporains n'ont rien dit de plus sur Mérovée. Tout ce qu'en rapporte Jacques de Guise est entièrement fabuleux et a été inventé de toutes pièces, ainsi que ce qui est dit dans les annales du Hainaut des premiers temps de la monarchie.
Publié le 20/12/2008 à 12:00 par didgeridoo
CHILDÉRIC Ier
(né vers 436, mort en 481)
Roi des Francs Saliens : règne 458-481
Regardé comme le quatrième roi de la première dynastie des monarques français, il succéda à Mérovée son père, en 458. Les affaiblissements successifs qu'avait éprouvés l'empire, par l'irruption des barbares, auraient permis à ce prince d'étendre son royaume et de faire reconnaître formellement son indépendance par les empereurs, si la dissolution de ses mœurs n'avait provoqué contre lui des ressentiments si vifs, qu'il fut obligé de quitter ses États, et de chercher un asile en Thuringe, auprès d'un roi dont il séduisit la femme. La royauté, qui ne signifiait encore que le commandement de l'armée, fut déférée, disent les vieilles chroniques, au maître de la milice des Romains.
Ceci est difficile à croire, quand on connaît les mœurs des Francs, qui ne manquaient pas de chefs, et chez lesquels chaque chef se regardait comme l'égal du roi ; mais
Childéric Ier (458-481)
l'histoire de Childéric ressemble beaucoup à un roman, inventé pour remplir le vide que laissait dans la chronologie l'obstination des historiens à faire remonter jusqu'à Pharamond l'établissement du royaume de France.
Childéric avait un ami fidèle ; il rompit, avant son départ, une pièce d'or, dont il lui remit la moitié, et ils convinrent que ce serait pour eux la marque de la confiance qu'ils accorderaient à leurs messagers respectifs. Cet ami fidèle se fit le premier courtisan de l'usurpateur, afin d'avancer sa chute par les conseils qu'il lui donnerait. Quand il vit les grands mécontents du roi qu'ils s'étaient choisi, il en instruisit Childéric, qui revint, fut reçu avec acclamation, et rentra dans ses droits.
L'épouse du roi de Thuringe, nommée Basine, abandonna son mari pour rejoindre son séducteur, qui la prit pour femme. De ce mariage naquirent Clovis et trois filles, dont la première épousa Théodoric, roi des Ostrogoths ; les deux autres se firent chrétiennes et gardèrent le célibat. La conduite de Basine, racontée avec simplicité et même dans des termes favorables par nos premiers historiens, indique que les barbares qui renversèrent l'empire n'avaient aucune idée de la sainteté du mariage, avant d'avoir été éclairés par le christianisme, et l'on voit en effet, par la suite de l'histoire, combien les évêques eurent, à cet égard, de peine à soumettre les rois de la première dynastie aux lois de l'Église.
La mort de Childéric est placée en l'année 481, ce qui lui donne un règne de vingt-trois ans ; mais il faut se rappeler que la véritable histoire de France ne commence qu'à Clovis, et que, pour les temps qui l'ont précédée, il est aussi difficile de garantir l'exactitude des dates que l'authenticité des faits. Il fut enterré près de Tournai, où il faisait sa résidence. Son tombeau y fut découvert en 1653, et l'empereur Léopold fit présent à Louis XIV du cachet et d'une partie des armes et des médailles qui s'y trouvèrent. Le tombeau de Childéric est le monument le plus ancien de la monarchie française.
Publié le 20/12/2008 à 12:00 par didgeridoo
Clovis 1er
Né vers 465, mort à Paris en 511, roi des Francs de 481 à 511 Clovis 1er est le fils de Childéric 1er.
A la mort de son père en 481, les Francs inhument leur roi à Tournai (actuellement en Belgique du Nord). Clovis hérite d’un petit royaume qui s’étend entre la mer au Nord, l’Escaut à l’Est, les diocèses de Thérouane et de Boulogne à l’Ouest et celui de Cambrai au Sud.
Rapidement Clovis élimine le dernier représentant romain qui dirige le pays situé entre la Somme et la Loire. Il prend Soissons en 486 pour en faire sa capitale.
A l’issue de cette prise, ses guerriers pillent la ville. Lors du partage du butin qui se fait par tirage au sort, Clovis reconnaît un vase appartenant à l’évêque de Soissons. Il désire le garder pour lui afin de la restituer pour des raisons politiques. Mais un de ses hommes ne l’entend pas cette oreille : Furieux que le roi ne respecte pas la coutume, il jette le vase au sol et le brise avec son épée.
En 487, lors d’une revue de ses troupes, Clovis reconnaît le soldat et lui reproche la mauvaise tenue de ses armes. Il lui arrache sa francisque et la jette au sol. Pendant que l’homme se baisse pour la récupérer, Clovis lui brise la tête en s’écriant : « Ainsi as-tu fait du vase de Soissons ». Bien que faisant partie des coutumes, cette vengeance fera que plus aucun soldat n’osera contester l’autorité du roi.
C’est en 492 que Clovis désireux de se marier, envoie un ambassadeur informer Clotilde qu’il désire l’épouser. L’année suivante, il fait sa demande officielle auprès Gondebaud oncle de Clotilde et roi des Burgondes [1]. Ce dernier n’est pas très enclin à accepter : il craint ce roi ambitieux et belliqueux. En même temps, une alliance politique avec un homme tel que Clovis pourrait être utile contre les Goths. A contrecoeur, il donne son accord : Clotilde prend la route pour rejoindre son futur époux.
Mais la saga ne s’arrête pas là ! Gondebaud change d’avis et envoie un détachement récupérer la princesse. Mais cette dernière se doutant un peu que ce genre de chose pouvait arriver, avait dès le début de son voyage refusé le char qu’on lui proposait pour la conduire. En excellente cavalière, c’est en cinq jours qu’elle rejoindra son futur époux sous l’admiration de l’escorte que Clovis lui avait envoyé.
Clovis et Clotilde se marient enfin à Soissons. Suivant la tradition des Francs, il n’y a pas de cérémonie. Les époux se donnent simplement l’un à l’autre. S’imposant très rapidement, Clotilde va exiger du roi la fidélité exception faite pour sa première femme qui lui avait donné son premier fils Thierry.
De Clotilde, Clovis aura quatre enfant : Ingomer qui va mourir, Clodomir en 495, Childebert aux alentours de 497, Clotaire en 500 et Clotilde à une date inconnue.
Aux environs de 496, lors de la bataille de Tolbiac, Clovis repousse les Alamans [2] et occupe une partie de leur territoire.
C’est en 498 que Clovis reçoit le baptême de la part de l’évêque Rémi à Reims : il devient le premier roi chrétien. Près de trois mille guerriers francs recevront aussi ce baptême.
Comme nous l’avons vu, Gondebaud a décimé une partie de sa famille pour prendre la tête des Burgondes. Mais il lui reste son frère Godesil. Ce dernier craignant de subir le même sort que les autres décide de passer un accord secret avec Clovis. En 500 les Francs attaquent les Burgondes, Gondebaud appelle son frère Godesil en renfort qui en pleine bataille passe du côté franc. C’est la débandade dans les troupes de Gondebaud qui se réfugient à Avignon. Quand à Godesil il prend tranquillement la place de Gondebaud à Vienne. Suite à une erreur stratégique de Godesil, Gondebaud reprend Vienne, fait bien sûr assassiner son frère et devient le seul maître des possessions Burgondes. Pour Clovis c’est l’échec complet.
Aux alentours de 505, les Alamans pourtant vassaux des Francs se soulèvent : une nouvelle fois ils sont écrasés par les troupes de Clovis. Les survivants vont se réfugier sur les terres du roi des Ostrogoths [3] Théodoric.
Pour mieux comprendre la victoire de Clovis à Vouillé (près de Poitiers) en 507, il faut savoir que les Wisigoths [4] sont alliés aux Ostrogoths. En effet Alaric II roi des Wisigoths a épousé la fille de Théodoric roi des Ostrogoths. Mais les troupes de Théodoric font une grossière erreur : elles passent la frontière grecque et écrasent une armée romaine.
L’empereur d’Orient Anastase envoie immédiatement ses propres troupes sur la frontière italienne. De plus il passe un accord d’assistance avec Clovis par l’entremise de Sigismond fils de Gondebaud roi des Burgondes. Théodoric obligé de défendre sa frontière contre les troupes d’Anastase n’est plus en mesure d’apporter un soutien militaire à Alaric II qui se retrouve face aux trois mille hommes conduits par Clovis. Après plusieurs charges, le face-à-face entre les deux hommes a lieu : Clovis tue Alaraic II. Toute l’armée des Wisigoths est massacrée.
De retour vers ses terres, Clovis fait un arrêt à Tours, se recueille sur le tombeau de Saint-Martin et reçoit de l’empereur romain d’Orient Anastase les codicilles faisant de lui un consul. Mais il va plus loin en se couronnant lui-même « Auguste ». Il compte par ce geste se démarquer du pouvoir romain.
En 508, Clovis quitte Soissons pour Paris et en fait sa capitale. Il s’installe dans une palais situé dans l’île de la Cité. Seul maître des Francs, son royaume s’étend du Rhin jusqu’aux Pyrénées.
Pour affirmer sa foi chrétienne récente, Clovis, à la demande de la reine Clotilde, fait construire une basilique sur une colline proche de Paris (actuellement 5è arrondissement). Il est enterré dans la crypte en 511 et Clotilde le rejoindra en 545. Un peu plus tard on déposera les reliques de Sainte-Geneviève et la basilique prendra son nom. A cet emplacement Louis XV fera construire le Panthéon.
Publié le 20/12/2008 à 12:00 par didgeridoo
Il est le dernier fils de Clovis Ier et de Clotilde.
Ses différentes reines, épousées successivement ou simultanément, furent Ingonde, Gondioque, veuve de son frère Clodomir épousée en 524, Arnegonde, soeur cadette d'Ingonde,Chunsène, Radegonde, ramenée de Thuringe dès 531, puis Waldrada, veuve de son petit-neveu Theodebald.
Selon Grégoire de Tours, « Le roi Clotaire eut sept fils de ses diverses femmes, savoir : d’Ingonde il eut Gonthaire, Childéric, Charibert, Gontran, Sigebert, et une fille, nommé Clotsinde ; d’Arnegonde, sœur d’Ingunde, il eut Chilpéric ; et de Chunsène, il eut Chramne. »
Biographie
Il est le cinquième fils de Clovis, le quatrième des quatre de Clotilde.
À la mort de son père, en 511, il partage le royaume des Francs, le Regnum Francorum, avec ses trois frères : Thierry Ier, Clodomir Ier et Childebert Ier. Alors que Thierry, l'aîné, est largement avantagé, Clotaire partage la moitié du royaume de Clovis avec ses deux autres frères. C'est la Neustrie qui lui échoit.
En 517, il épouse Ingonde.
En 523-524, à l'instigation de Clotilde, Clotaire et ses trois frères se joignent dans une expédition contre les Burgondes.
À la mort de Clodomir, le 25 juin 524, à la bataille de Vézeronce, Clotaire épouse sa veuve, Gondioque; mais cela ne suffit pas pour obtenir le territoire de son défunt frère : la loi salique impose le partage du royaume entre les fils de Clodomir. Pour éviter cela, Clotaire s'allie à Childebert Ier pour organiser l'assassinat des trois jeunes héritiers (532). Deux sont tués, et le dernier, (Clodoald), d'abord caché par des partisans fidèles, renonce à sa part, et choisit la vie monastique. Clotaire et Childebert peuvent alors librement se partager le territoire de leur frère.
En 538, il épouse Radegonde. Mais celle-ci préfère se retirer dans un couvent, plutôt que de vivre à ses côtés. Elle fonde l'abbaye Sainte-Croix, premier monastère de femmes d'Europe, à Poitiers. Elle est ensuite canonisée sainte Radegonde.
Ingonde lui ayant demandé de trouver un mari à sa sœur Arnegonde, digne de sa haute lignée, le roi ne trouve finalement pas meilleur prétendant que lui-même, et décide aussi d'épouser la seconde des sœurs. Il les force à vivre ensemble jusqu'au décès d'Ingonde vers 546. Arnegonde est la mère de Chilpéric (539-584), futur roi de la Neustrie.
Clotaire épouse encore Chunsina, puis Vulderade (555), veuve de Théodebald, son petit-neveu le roi d'Austrasie.
Les décès de Théodebald (petit-fils de son défunt frère Theodoric) en 555, et de Childebert, mort sans descendance en 558, permettent ainsi à Clotaire de réunifier à nouveau le Regnum Francorum de son père Clovis.
Son fils Chramne lui cause bien des problèmes : poussé par son oncle Childebert, il complote deux fois de suite contre son père ; Clotaire lui accorde une première fois son pardon, mais Chramne récidive en 560. Cette fois, Clotaire est bien décidé à en finir. Chramne se réfugie en Bretagne, auprès du comte Conomor, dont les troupes ne peuvent résister à l'armée de Clotaire : Conomor est vaincu et tué; Chramne est capturé, et étranglé. Sur ordre de Clotaire, sa dépouille est enfermée, avec toute sa famille, dans une cabane à laquelle on met le feu.
Son règne est marqué par plusieurs campagnes militaires, notamment :
• la guerre contre les Burgondes (523-526) ;
• la campagne de Thuringe (530) ;
• l'invasion de la Burgondie (534), en compagnie de son frère Childebert (territoire pour lequel ils se partageront la couronne) ;
• la tentative échouée d'invasion de l'Hispanie wisigothique (542), avec Childebert ; il seront repoussés à Saragosse.
À la fin de son règne, le royaume franc est à son apogée, couvrant toute la Gaule (à l'exception de la Septimanie) et une partie de l'Allemagne actuelle. Il meurt en 561 à Compiègne, à l'âge de 64 ans, laissant son royaume à ses quatre fils, qui se partagent l'héritage par tirage au sort :
• Caribert reçoit Paris
• Gontran reçoit la Bourgogne et Orléans
• Sigebert reçoit l'Austrasie
• Chilpéric reçoit la Neustrie
On lui prête ces dernières paroles sur son lit de mort :
« Hélas! Quel est donc ce Roi du Ciel qui fait mourir ainsi les plus puissants Rois de la Terre ! Comme il n'est pas mortel, il est sans comparaison, meilleur que le plus grand prince de la Terre ; s'il est donc meilleur, il est plus puissant, et s'il est plus puissant, il est miséricordieux; car il ne disperse en la vengeance de ceux qui l'ont desservi, ainsi que font maints mortels princes. »
Publié le 20/12/2008 à 12:00 par didgeridoo
Le conflit pour la succession : l'expédition contre Chramn
En 558, Caribert et Gontran furent envoyé par Clotaire pour reprendre le Limousin à leur frère Chramn, qui s’en était emparé. Leurs armées se firent face au pied de la montagne noire où ils incitèrent Chramn à rendre les terres appartenant à leur père. Il refusa et une tempête empêcha la bataille. Chramn en profita pour duper ses frères en envoyant un messager les informant de la mort de Clotaire, qui se battait contre les saxons. Caribert et Gontran se rendirent aussitôt en Burgondie.
Clotaire Ier avait réunifié le royaume franc de Clovis Ier avec peine mais n'avait pas partagé le royaume avant sa mort.
Le second partage du regnum francorum
À la mort de leur père en 561, les fils de Clotaire allèrent enterrer leur père à Soissons dans la basilique qu'il avait commencé à faire construire sur le tombeau de saint-Médard. Il se ligua avec ses frères Gontran et Sigebert contre Chilpéric, son demi-frère, qui avait pris possession du château de leur oncle Childebert avec la portion du royaume qui allait avec, pour le forcer à repartager le royaume. Le royaume fut donc à nouveau divisé en quatre et le sort lui attribua le royaume de Paris. Les rapports de forces déterminèrent en réalité les attributions, la mise à l'écart des plus faibles faisait partie des usages de la succession royale franque et il se peut que les trois fils d'Ingonde éprouvèrent de la défiance envers leur demi-frère. De plus, dans la tradition germanique, le mode de succession des rois sur le trône, la tanistry (nom celtique désignant la succession par le cadet et non par le fils), se faisait entre frère, de l'aîné au benjamin, puis aux oncles et aux neveux.
Caribert reçut l'ancien royaume de Childebert Ier, situé entre la Somme et les Pyrénées, ayant Paris pour capitale et comprenant le bassin parisien, l'Aquitaine et la Provence. Ce teilreich était la portion du regnum francorum la plus riche en fisc (terre, forêt ou mine appartenant à la couronne) et la plus facile à défendre.
• Caribert Ier reçut le royaume de Paris et l'Aquitaine ;
• La Neustrie échoit à Chilpéric Ier ;
• Le royaume d'Orléans (Austrasie) à Sigebert Ier ;
• La Burgondie à Gontran.
En recevant le royaume de Childebert, il devint le gardien du tombeau de Clovis. Son royaume fut cependant menacé par des autonomistes dans les possessions méridionales, notamment en Aquitaine. Parmi les fidèles de sa cour, apparaissait le jeune Gundovald, prétendument fils de Clotaire et donc frère putatif de Caribert. En matière fiscale, il voulut imposer la ville de Tours, qui depuis le règne de Clotaire ne payait plus par hommage à saint Martin, en tentant de reconstituer les registres de l'impôt qui avaient été brûlés. Mais l'évêque Eufronius obtint de lui une nouvelle suppression d'impôt.
A la suite du mariage de Sigebert et de Brunehilde, il invita le poète Venance Fortunat pour qu'il rédige un éloge panégyrique. Fortunat loua sa culture en lettre et en droit. Il célébra en Caribert le plus grand des rois francs, le seul véritable héritier de son oncle Childebert Ier autant par ses qualités que par son royaume, en appelant au témoignage d'Ultrogothe, veuve de Childebert, que Caribert avait honorée. Fortunat rappelait qu'il était l'aîné de ses frères et qu'en lui seul renaissait l'intelligence politique de leur père qui d'ailleurs, le considérait comme son fils préféré. En outre, il regorgeait de vertus impériales et chrétiennes : aussi bon que Trajan, aussi juste que Salomon, aussi clément que David. Il célébra son caractère pacifique en argumentant sur la prospérité engendrée par son règne : « Vos devanciers ont agrandi la patrie par les armes, mais en versant le sang ; vous, en régnant sans infliger la défaite, vous conquérez davantage. ». De plus, il affirma que Caribert parlait mieux latin que bien des Romains et célébra sa beauté, reflet de sa bonté.
Les déboires matrimoniaux : le problème de la succession
Il pratiqua la « monogamie sérielle», mélange de mariage et de concubinage. Il épousa Ingeberge, femme probablement de sang royal, dont il eut quatre enfants. Un d'eux mourut en bas âge, les trois autres furent des filles devenues religieuses. Excédée par la débauche de son mari qui posséda plusieurs maîtresses, et peut-être pour l'assagir, Ingeberge fit introduire à la cour un artisan de lainerie pour l'atelier royal, père de deux de ses maîtresses. Il la délaissa pour épouser les deux filles de l'artisan : Méroflède et Marcovèfe. Il épousa d'abord Méroflède. Avant sa mort, Clotaire Ier avait désigné un clerc courtisan nommé Emery (Emeritus) à l'évêché de Saintes. Cette nomination étant contraire au droit canon, il craignit que l'archevêque de Bordeaux ne donna pas son approbation. Aussi, il autorisa Emery à se faire ordonner par l'évêque de son choix, ce que fit Emery. Après la mort de Clotaire Ier, Caribert dut faire accepter à l'évêque de Bordeaux le principe des nominations royales sur les sièges épiscopaux. Mais Léonce, l'archevêque de Bordeaux, convoqua un synode à Saintes pour traiter l'affaire. Un vote des prélats déclara illicite la nomination et le sacre et un prêtre bordelais nommé Héraclius fut élu à la place d'Emery. Léonce envoya un prêtre nommé Noncupat (Nuncupatus) informer Caribert des résultats du synode. La nouvelle déplue au roi et le prêtre fut jeté sur un fagot d'épines avant d'être expulser. Méroflède mourut, il épousa alors Marcovèfe. En choisissant la moniale Marcovèfe comme femme, il choisi d'épouser une proche parente d'une précédente épouse, ce qui était considéré comme un inceste par le droit canon. Une épidémie se mit à ravager les Gaules, dont le royaume de Paris, ce qui fut perçu comme une punition d'une faute en matière matrimoniale. Les évêques demandèrent aux fidèles de reporter les mariages pour obtenir la fin de l'épidémie. Depuis de nombreuses années, les évêques réclamèrent la tenu d'un concile, Caribert en donna l'autorisation. Sa tenu se fit à Tours, le 18 novembre 567. Venus de tout le royaume, les prélats émirent deux canons. Le premier rappelait que les lois romaines et le droit ecclésiastique interdisaient à une moniale de se marier, les évêques ajoutèrent que Caribert avait récemment émis une loi renforçant cette disposition. Le second évoquait la question de l'inceste, résumé par les textes des conciles gaulois qui interdisaient à un homme d'épouser sa belle-soeur. Dans les deux dispositions du concile, la peine prescrite pour le contrevenant était l'excommunication. Dans l'assemblée se trouvait Prétextat de Rouen qui condamna le roi de Paris pour les faits qui lui furent reprochés. Caribert fut excommunié par l'évêque Germain de Paris pour inceste et sacrilège. Caribert abandonna ses épouses face à l'hostilité du clergé. Il épousa lors d'un quatrième mariage une religieuse nommée Théodechilde. Sa vie conjugale doit être perçue comme la nécessité pour le souverain d'engendrer une descendance masculine. Caribert était déjà âgé et se devait d'avoir un héritier qui le succéderait sur le trône tandis que ses cadets, Gontran et Chilpéric, en étaient déjà pourvu. De plus, il avait besoin de l'appui de fidèles qui pouvaient l'abandonner si son royaume disparaissait avec lui.
En 566, il nomma son neveu par alliance Bertrand évêque de Bordeaux et maria sa fille Berthe au roi Aethelberth de Kent, le plus méridionale des état anglo-saxons.
Il mourut le 5 mars 567 près de Bordeaux, alors qu'il visitait ses possessions méridionales. À sa mort, malgré quatre épouses, il ne laissa que des filles. Ses trois frères se disputèrent âprement son héritage. Un partage de son royaume se fit en 568 où Paris fut maintenu dans l'indivision. Les revenus fiscaux de la ville furent partagés en trois et chaque roi jura de ne pas entrer dans la ville sans le consentement des deux autres. Senlis fut également indivisée.
« Caribert, roi franc de Paris et de l'ouest de Gaule (mort en 567) » selon Jean-Joseph Dassy (1796-1865). Peinture réalisée en 1837 conservée à Versailles, musée national du château et des Trianons.
Epouses et enfants
• Ingeberge (519-589) répudiée, dont il a eu :
o Berthe (?-612) épouse le roi Æthelbert de Kent.
• Méroflède, fille d'un cartier, elle fut la servante de la première épouse. Elle est la sœur de Marcovèfe la 3e épouse.
o Bertheflède, religieuse à Tours puis au Mans.
• Marcoveifa (Marcova) (?-567), sœur de Méroflède, la deuxième épouse.
• En 566, Théodechilde, religieuse, fille d'un berger, elle donna à Caribert un fils mort jeune qui n'aurait pas régné. Veuve, elle tenta de sauver le royaume de Paris en prenant le contrôle du trésor royal puis s'offrit au roi Gontran qui l'enferma dans un couvent, d'elle, il eut :
o Clothilde la Superbe, nonne à Sainte-Croix de Poitiers.
Publié le 09/01/2009 à 12:00 par didgeridoo
Chilpéric Ier « roi sauveur » hilp (aide, secours) et ric (roi, chef) en vieux francique haut allemand (né en 539 - mort en 584 à Chelles), fils de Clotaire Ier et d'Arnegonde, petit fils de Clovis Ier, fut roi de Neustrie de 561 à 584.
Biographie
Le roi Chilpéric est dépeint par son contemporain Grégoire de Tours comme « le Néron et l'Hérode de notre temps », le présentant comme un homme intempérant et présomptueux, avide de richesses, faisant périr ceux qui en possédaient. Selon lui, il prenait plaisir à ravager les campagnes, à martyriser les pauvres et accabler les clercs : Grégoire de Tours s'était senti humilié après le concile de Berny, où il avait du comparaître pour jugement auprès du roi. Il aurait même inscrit dans ces ordonnances adressées aux juges que l'on arrache les yeux des personnes ne tenant pas compte de ses prérogatives. A cela, Grégoire ajouta après sa mort qu'il n'avait jamais aimé personne et que personne ne l'avait jamais aimé.
Chilpéric rendant la justice.
Pourtant, une toute autre vision de la personnalité de Chilpéric se dégage des vers du poète Venance Fortunat, un autre de ses contemporains, qui le présenta comme un homme instruit et le célébra comme un brillant guerrier et législateur « vous réglez vos armes sur les lois et redressez les lois par vos armes », ajoutant que parmi les mérovingiens « Vous l’emportez par le savoir et par la doctrine ; par la science du dogme vous êtes tel que ne fut jamais votre père. ». Selon Grégoire de Tours, il aurait rédiger un décret sur la trinité alors qu'à l’exception de Childebert Ier et de Chilpéric, qui semblaient avoir eu quelques lumières sur le débat trinitaire, les rois mérovingiens se désintéressaient du problème, dont ils n’exploitaient que les incidences diplomatiques. Enfin, il célébra en lui un faiseur de vers parfaits, surpassant ainsi les autres rois de sa dynastie dans les lettres, même si l'évêque de Tours jugeait ses vers « sans mesure ni rythme ». Il est vrai que Venance Fortunat, se décrivant comme un « poète souriceau » à l’affût des tables attendant que les puissants laisse tomber de bon morceau, composait des œuvres louant les mécènes qui acceptèrent de financer son train de vie. Par l'intermédiaire de ses décisions politiques, il montrait surtout le visage d'un joueur prêt à tout miser sur la chance.
Chilpéric Ier s'acquiert la grâce des puissants. Manuscrit du XVe siècle. Grandes chroniques. Paris, Bibliothèque nationale de France.
Clotaire Ier avait réunifié le royaume franc de Clovis Ier avec peine mais n'avait pas partagé le royaume avant sa mort, qui survint en 561, et que ses fils allèrent enterrer à Soissons dans la basilique Sainte-Marie qu'il avait commencé à faire construire sur le tombeau de saint-Médard. Dans la tradition germanique, le mode de succession des rois sur le trône, la tanistry (nom celtique désignant la succession par le cadet et non par le fils), se faisait entre frères, de l'aîné au benjamin, puis aux oncles et aux neveux. Étant le plus jeune des fils de Clotaire et n'étant pas issu de la même union que les autres princes, ce système l'aurait défavorisé au moment du partage voulu par la loi salique. Ainsi, à l'aide d'antrusions (guerriers d'élites), Chilpéric s'empara du trésor du palais de Berny (Braine), sur la Vesle, à une vingtaine de kilomètre à l'est. Par la force, il put accéder aux richesses que son père avait accumulées et entassa le trésor sur des chariots. Avec ceci, il acheta la fidélité de certains Grands et occupa Paris, en prenant possession du château de leur oncle Childebert Ier avec la portion du royaume associée. Néanmoins ses demi-frères Caribert, Gontran et Sigebert l'obligèrent à respecter le partage. Le royaume fut donc à nouveau divisé en quatre suivant « un partage régulier » et le sort (le destin) ou le partage lui attribua le territoire ancestrale des Mérovingiens, le « royaume de Clotaire » ou « Neustrie » avec Soissons pour capitale. Son territoire se situait entre Tournai et la Picardie. La cité de Laon avait peut-être été acquise par Sigebert mais celle d'Amiens lui avait peut-être été revenue, car elle avait été attribuée en 511 à Childebert Ier. Le royaume se composa probablement des cités de Thérouanne, Tournai, Arras, Cambrai, Amiens et Noyon. Ce teilreich n'avait ni ressources importantes ni frontières actives offrant des perspectives de conquête. Les rapports de forces déterminèrent en réalité les attributions, de plus, la mise à l'écart des plus faibles faisait partie des usages de la succession royale franque et il se peut que les trois fils d'Ingonde éprouvèrent de la défiance envers leur demi-frère.
En 562, les Avars, apparentés aux Huns, firent des incursions en Austrasie. Sigebert Ier dut alors transférer sa capitale de Reims à Metz, et il parvint à repousser les envahisseurs au-delà du Rhin, peut-être en Pannonie ou en Bavière. Chilpéric profita de son absence pour enlever Reims et d’autres villes d’Austrasie. Sigebert contre-attaqua, récupéra les villes qui lui furent prises et s'empara de Soissons. Théodebert, fils de Chilpéric, fut capturé. Sigebert profita de son influence à Soissons pour terminer la construction de la basilique saint-Médard. Sigebert restitua Soissons à Chilpéric et Théodebert fut libéré avec pour condition qu'il fasse le serment de ne plus attaquer l'Austrasie. Il retourna chez son père avec des cadeaux.
À la mort de Caribert, qui survint le 5 mars 567, Gontran, Sigebert et Chilpéric se disputèrent âprement son héritage. Un partage de son royaume se fit en 568 où Paris fut maintenu dans l'indivision. Les revenus fiscaux de la ville furent partagés en trois et chaque roi jura de ne pas entrer dans la ville sans le consentement des deux autres. Senlis fut également indivisée. Il obtint la province ecclésiastique de Rouen mais sans les évêchés de Sées et d'Avranches. Il obtint également Le Mans, Angers et Rennes. A ceci s'ajoutèrent des cités aquitaines : Bordeaux, Limoges, Cahors et les évêchés de Béarn (anciennement Lescar) et Bigorre (anciennement Tarbes). La situation de la ville de Toulouse est incertaine ; il est possible qu'elle ait appartenue à Gontran depuis 561.
Il envoya une armée commandée par Clovis, le fils benjamin d'Audovère, occuper les villes de Tours et Poitiers, avec un possible soutien d'aristocrates et de clercs locaux, qui revenaient à Sigebert. Gontran fit joindre des troupes à celles de Sigebert et envoya Mummol mener les opérations, qui mit l’armée de Chilpéric en fuite. Clovis se retira à Bordeaux mais fut attaqué par Sigulf, un officier de Sigebert. Clovis prit la fuite sous les sons des cors et trompettes comme lors d’une chasse au cerf.
Le prestigieux mariage de Sigebert Ier et de Brunehilde suscita des jalousies chez les autres rois francs. Chilpéric décida de se marier avec Galswinthe, sœur aînée de Brunehilde.
Chilpéric Ier et le(s) messager(s). Grandes chroniques de France. XIVe-XVe siècle. Bibliothèque nationale de France.
En 568, une ambassade fut envoyée en Hispanie wisigothique auprès d’Athanagild, mais celui-ci, sous l'influence de la reine Goïswinthe qui n'appréciait guère les mœurs du roi de Neustrie, et de sa fille elle-même influencé par sa mère, fit patienter les envoyés neustriens, leur faisant savoir qu'il se sentait gêné. Finalement, Athanagild accéda à la demande de Chilpéric. Possédant des terres en Aquitaine, les wisigoths sécurisaient ainsi leur frontière septentrionale, et peut-être que la Neustrie fournirait son aide pour vaincre les révoltes basques dans les piémonts Pyrénéens. De plus, les wisigoths était en guerre contre les Byzantins, l’alliance des wisigoths avec deux rois francs permettait d’ouvrir un nouveau front contre Byzance si les francs attaquaient l’Italie. Néanmoins, pour que le mariage ait lieu, les wisigoths exigèrent que Chilpéric répudia son épouse Audovère et toutes ses concubines, ce qui fut fait, et qu’un morgengabe (« don du matin » biens mobiliers offert par le mari à la mariée après la nuit de noces en échange du don de la virginité, l'union charnelle constituait le mariage dans les tribus germaniques, l'épouse se devait donc d'avoir conservé sa pureté afin d'assurer à l'époux que les enfants à naître seraient les siens) comprenant les cités de Bordeaux, Limoges, Cahors, Béarn et Bigorre soit versé à Galswinthe en plus des biens mobiliers et immobiliers habituels. Cela correspondait environ à un tiers de la Neustrie en plus d’être la portion du royaume la plus riche. Si Chilpéric venait à mourir, Galswinthe pouvait retourner en Hispanie wisigothique avec son morgengabe et transmettre les villes à son père Athanagilde ou à un éventuel nouvel époux. En cas de divorce, le roi de Neustrie perdait tout. Athanagild accorda alors à Galswinthe une dot (cadeau du père de la mariée accordé au mari) en métal précieux, plus importante que celle concédée à Brunehilde. Quant elle sut qu'elle serait obligée de se marier, elle alla pleurer auprès de sa mère. Les ambassadeurs francs durent réclamer sa fille, qui ne voulait pas quitter sa mère, au roi de Tolède, après trois jours d'attente. Goïswinthe dut obliger Galswinthe à respecter le contrat de mariage et, résignée, elle fut remise aux mains des envoyés. Chilpéric profita de la venue de Galswinthe pour prendre possession symboliquement des territoires reçus par le partage du royaume de feu son demi-frère. Galswinthe voyagea de Narbonne à travers les cités aquitaines où elle fut promenée, passant par Poitiers et par Tours, puis gagna Rouen. Le cortège nuptial remplaça le « circuit royal », tour du royaume que les mérovingiens faisaient pour se montrer à leurs sujets après leur accession au trône. Chilpéric obtint de Galswinthe sa conversion au catholicisme. Etant arienne, elle se devait d'abjurer les thèses d'Arius, de recevoir une chrismation et de participer à un office catholique.
Meurtre de la reine Galswinthe peint par Philastre Fils au XIXe siècle. Musée municipal de Soissons.
Plusieurs mois après le mariage, Galswinthe n’était toujours pas enceinte. Si Galswinthe mourrait sans enfants, Athanagild pouvait réclamer le morgengabe de Galswinthe. Chilpéric trahit son engagement en fréquentant ses anciennes concubines, notamment Frédégonde, ce qui déplut à Galswinthe qui voulut retourner en Hispanie, résolue à laisser sa dot à Chilpéric, disant qu'elle ne pouvait supporter l'injure faite à son honneur. Le roi tenta d’apaiser Galswinthe mais les tensions conjugales se surent jusqu’en Hispanie. Athanagild mourut à la fin de 568 sans héritier ni frère, garantissant à Chilpéric que nul vengeance ne s’exercerait contre lui au sujet des problèmes conjugaux, ni que quelqu’un hérite du morgengabe. Galswinthe fut alors assassinée, étranglée dans son lit par un serviteur de Chilpéric.
Le roy Chilpéric, filz du roy Clotaire le premier. La royne Frédégonde, sa femme. Jean du Tillet, recueil des rois de France. Bibliothèque nationale de France.
Une rumeur accusa Frédégonde d'avoir incité au meurtre. Chilpéric tenta de nier sa responsabilité des faits en pleurant le décès de Galswinthe, puis fit son deuil. Le deuil ne dura guère, car après quelques jours de veuvage, il épousa Frédégonde. Ce meurtre permettait à Léovigild de réclamer le morgengabe, sinon il aurait pu exiger le paiement d'un wergeld « prix du sang » pour racheter le crime. L’épisode fut marqué par le poète Venance Fortunat qui composa depuis sa résidence de Poitiers une éloge funèbre de la défunte reine, longue de trois cent soixante-dix vers, destinée à la reine Goïswinthe, veuve d’Athanagild, qui se remaria avec Léovigild. Cette élégie a souvent été célébrée comme le plus grand texte littéraire de l’époque mérovingienne. L’œuvre a probablement été commandée par Sigebert Ier, qui pouvait réclamer un wergeld pour le meurtre de sa belle-sœur et déclencher une faide si Chilpéric refusait de payer, et par des Grands d'Austrasie, tels que le comte Gogo ou le duc Loup avec qui Venance Fortunat entretenait des contacts au début des années 570, comme le laisse supposer les premiers vers du poème : « Tolède t’a envoyé deux tours, ô Gaule : si la première est debout, la seconde gît à terre, brisée. Elle se dressait sur les collines, splendide sur une belle cime, et des vents hostiles l’ont mise à bas et détruite ».
Le poème aborda la douleur de l’enfantement, celle de perdre une fille qui se marie à l’étranger et la mort de l’enfant aimé « Le malheur fond sur elle, atteinte d’un coup foudroyant, elle défaille, son regard chavire, elle s’éteint. ». Le cortège nuptial et la noce devinrent de tristes évènements où Cupidon voleta au-dessus d’eux, armé de flèches glacées. Fortunat décrit la princesse comme généreuse avec les pauvres et aimée de tous, elle aurait reçu l’amitié de Radegonde et les guerriers francs lui auraient juré serment de fidélité sur leurs armes. Le poème laissa insinuer qu’il y a eu meurtre, en expliquant que la mort de Galswinthe mit en pleurs la cour toute entière, sauf le mari et que la nourrice de Galswinthe se posa la question de savoir comment repartir en Hispanie pour en informer Goïswinthe, laissant penser que la nourrice fut prisonnière. L’enterrement de la reine se déroula au milieu des gémissements où un miracle intervint, témoignage de la présence divine. Une lampe suspendue au-dessus du tombeau serait tombée sans se briser. Grégoire de Tours ajouta dans son quatrième livre d'histoires, des années plus tard, que le luminaire s’enfonça dans le dallage comme dans de la cire. La douleur de Brunehilde est ensuite décrite :
« Partout où elle passe, elle frappe les astres des ses plaintes. Souvent, elle crie ton nom, Galswinthe, toi sa sœur. Les sources, les forêts, les fleuves, les champs le répètent. Tu te tais, Galswinthe ? Réponds à ta sœur comme lui répondent les objets muets : les pierres, les monts, les bois, les eaux, le ciel ! »
Le poème décrit Brunehilde comme culpabilisée d’avoir aidé à faire venir sa sœur en Gaule alors qu’en réalité, le mariage était nuisible aux intérêts austrasiens. En s’adressant à Goïswinthe par ces mots « Vous aussi, sa mère, par la grâce du Dieu tonnant, vous avez une consolation dans votre fille, votre gendre, votre petite-fille, votre petit-fils et votre mari. », le poème sous-entend que, Galswinthe s’étant convertie au catholicisme, l’union de l’Austrasie et du royaume wisigoth permettrait de venger le meurtre.
La mort de Galswinthe rendant possible une récupération des terres d'Aquitaine appartenant à Chilpéric par Léovigild, mais aussi par Sigebert Ier, mari de la sœur de la victime, qui demanda à Gontran de l'aider. Ils mirent en place un tribunal qui jugea le meurtre et où Gontran, l'aîné, tint le rôle de juge. Des aristocrates austrasiens et burgondes eurent le rôle d'assesseurs. Sigebert Ier déposa plainte au nom de Brunehilde. Gontran condamna Chilpéric et ordonna qu'il fut détrôné, rendant possible une guerre contre la Neustrie. Il fut décidé que le morgengabe de Galswinthe irait à Brunehilde, permettant à Sigebert de récupérer les territoires au nom de sa femme, et de les transmettre par héritage à son fils Childebert, qui venait de naître.
Après 570, l'armée de Sigebert attaqua l'Aquitaine et conquis Limoges et le Quercy. Le prince Clovis dominait la cité de Bordeaux et en fut chassé par une révolte, à l'instigation de Sigebert Ier et d'un dénommé Sigulf. Il trouva refuge chez son père. Bordeaux, faisant parti du morgengabe, se retrouva comme possession de la reine d'Austrasie. Gontran, voyant l'équilibre du regnum francorum remis en cause, convoqua un concile qui se réunit à Paris le 11 septembre 573, pour laisser l'Eglise déterminer une solution au problème de la guerre entre les rois francs. D'après les actes royaux, le concile ne réunit que les évêques de Burgondie et fut présidé par Sapaudus d'Arles, qui avait trahit Sigebert durant l'expédition de l'Austrasie en Provence. Les prélats déclarèrent tout de même avoir reçu la permission de Sigebert pour se réunirent à Paris qui restait une ville indivisée. Durant le concile, l’évêque Promotus qui avait été nommé par Sigebert au siège de Châteaudun, qui faisait parti du diocèse de Chartres et dont l’évêque de Chartres était sujet du roi Gontran, fut déposé après avoir été accusé d’usurpation. Le concile reprocha à Egidius de Reims, qui avait été nommé par Sigebert, son ordination illégal. Grégoire de Tours, qui avait lui aussi été nommé par Sigebert au mépris du droit canon, garda de la rancune contre Sapaudus d’Arles. Finalement le concile déboucha sur une proposition de paix mais elle ne fut pas appliquée. Chilpéric envoya Théodebert récupérer les cités d’Aquitaine perdues notamment Tours et Poitiers. La mission fut menée à bien. L’armée austrasienne dirigée par le duc Gondovald tenta de reprendre les cités mais fut battue. L’armée neustrienne progressa au sud pour occuper les villes de Limoges et le Quercy dont les régions furent ravagées, les clercs et structures chrétiennes régionales ne furent pas épargné, de façon à ne rien laisser aux austrasiens qui risquaient d’en reprendre le contrôle. Sigebert fit alors venir, en 574, des peuples païens venus d’outre-Rhin qu’il lança contre l’armée neustrienne qui fut défait. Cependant, le royaume burgonde affrontait les lombards sur sa frontière orientale, ainsi, Gontran ne possédait plus assez de moyen pour attaquer la Neustrie. Le roi de Burgondie, qui craignait une Austrasie trop forte, passa un accord de défense mutuelle avec Chilpéric, garantissant que les austrasiens n’auraient pas droit de passage sur ses terres même s’il ne pouvait guère défendre la Neustrie en cas d’attaque. Le pacte fut annulé sous la pression de Sigebert qui menaça la Burgondie d’attaque. Gontra recula et adopta alors une neutralité politique. Le roi de Neustrie préféra négocier et un traité datant de 574, stipula qu’il rendit les cités d’Aquitaine. Ainsi s’installa une paix de compromis où Chilpéric sauvait sa vie, Gontran ne perdait rien et Sigebert récupérait les terres de sa défunte belle-sœur.
En 575, il renoua une alliance avec Gontran, puis mena une attaque jusqu’à Reims. Sigebert contre-attaqua et Gontran annula son serment envers Chilpéric. Des troupes austrasiennes attaquèrent le sud de la Neustrie tandis que Sigebert dirigea ses troupes à l’est de Paris. Les ducs Godegisèle et Gontran Boson attaquèrent Paris où les troupes neustrienne, commandée par Théodebert, étaient peu nombreuses. Le prince tenta de résister à l’assaut mais fut battu par Gontran Boson et tué dans la bataille. Sigebert accorda des funérailles au jeune prince.
Siège de Tournai (575) - Assassinat de Sigebert Ier. Guillaume Crétin, Chroniques françaises, XVIe siècle (après 1515). Bibliothèque Nationale de France, Rouen.
Son fils mort, Gontran l’ayant abandonné, ses frontières méridionales enfoncés, le roi se replia pour s’enfermer dans Tournai. Sigebert en profita pour prendre Paris où son évêque saint Germain écrivit à Brunehilde, pour lui signifier qu’il avait entendu une rumeur selon laquelle elle était l’instigatrice de la guerre et lui signifia que la mise à sac de la ville empêcherait la ville de se redresser, le butin amassé lors de pillage rapporterait moins que les rentrées fiscales d’une ville annexée. Il ajouta dans sa lettre que la région se réjouirait de l’accueillir si elle pouvait y trouver son salut plutôt que son anéantissement. Ainsi, Sigebert voulut « abandonner la ville aux troupes ; mais son entourage lui interdit de le faire ». Les autres cités neustriennes se rallièrent alors à l’Austrasie et les aristocrates de Neustrie trahirent Chilpéric pour se soumettre à Sigebert, espérant sauver leur vie et leur fortune. Ils reconnurent Sigebert Ier comme roi de Neustrie où seule la ville de Rouen refusa la reddition. Sigebert décida de débarrasser de Chilpéric en mettant le siège autours de Tournai. Les déséquilibre des forces donnaient la victoire à Sigebert. Durant le siège, en automne 575, Frédégonde accoucha d’un garçon, qui fut immédiatement baptiser sur ordre du roi au lieu d’attendre Noël, première date canonique pour cette cérémonie. Il demanda à l’évêque de Tournai de parrainer l’enfant : en cas de prise de la ville, l’évêque se devait de protéger l’enfant qui fut nommer Samson. Ce nom fut choisit en référence à Samson dans la Bible : le nom pouvait faire allusion à la longue cheveulure des rois francs. Mais aussi si la mort de Chilpéric survenait, il pourrait être tonsuré et envoyé dans un monastère, et en sortir si sa chevelure repoussait.
A Vitry-en-Artois, l’armée de Chilpéric reconnut Sigebert comme roi des francs de l’ancien royaume de Childebert Ier : il fut élevé sur le pavois.
Il fut ensuite assassiné, poignardé par des pages de Frédégonde, à coup de scramasaxe de chaque côté dans le flanc. Sigebert ne put que crier. En voulant s’enfuir, les deux pages furent tués. En se défendant, ils tuèrent Charésille, et blessèrent Sigila, tous deux chambellans du roi d'Austrasie. Les aristocrates neustriens refirent aussitôt allégeance au roi et pour prouver leur fidélité, ils livrèrent des Grands austrasiens qui furent condamner à mort. Chilpéric sortit de Tournai, fit ensevelir Sigebert à Lambres, puis le transféra dans l’église Saint-Médard de Soissons, pour y être enterré auprès de Clotaire Ier.
Il se rendit à Paris où la reine Brunehilde et ses filles s'étaient établis. Elles furent capturées, Brunehilde fut envoyée à Rouen et remise à l'évêque Prétextat, ses filles furent envoyées à Meaux. Cependant, le prince Childebert, fils de Sigebert Ier, était absent. Le duc Gondovald l'avait ramené en Austrasie où il fut élevé sur le trône le jour de Noël 575, il avait cinq ans. Pour l'aristocratie austrasienne, il était capital que le prince ne tombe pas entre les mains d'un autre mérovingien qui l'aurait tué ou envoyé dans un monastère : le partage du royaume entre les autres rois mérovingiens voulut par la loi salique les aurait empêché de diriger l'état pendant la minorité de Childebert, mais aussi, aurait rendu caduc l'autonomie de leur région. Le duc de Champagne Loup et le comte Gogo prirent le contrôle de l'état, le comte Gogo se fit attribuer le titre de nourricier du roi pour légitimer son pouvoir. Cette prise de pouvoir qui affichait une politique pro-burgonde engendra des mécontents qui allèrent se vendre en Neustrie comme Godin, général de Sigebert Ier, où Siggo, référendaire d'Austrasie qui devint référendaire de Neustrie. Ils reçurent également des terres autours de Soissons qu'il avait réinvestie comme capitale.
Au printemps 576, il voulut récupérer les territoires qu'il avait perdu lors de la guerre civile et envoya le comte Roccolène conquérir Tours, où rédidait le duc Gontran Boson, meurtrier de son fils Théodebert. Le duc se réfugia avec sa famille dans la basilique Saint-Martin. Il profita de sa domination sur Tours pour replacer le comte Leudaste qui avait été démis par Sigebert. Le comte Leudaste et l'évêque Grégoire, qui avait été placé là par Sigebert Ier et Brunehilde, ne s'entendaient guère[66]. Son fils Mérovée fut envoyé sur Poitiers mais se dirigea sur Tours où il passa les fêtes de Pâques. Il se déplaça ensuite à Rouen pour rencontrer sa mère, la reine Audovère. Il y épousa sa tante Brunehilde en présence de l'évêque Prétextat. La reine Frédégonde ayant donné un fils au roi de Soissons, Mérovée put tenter de se donner une légitimité pour le trône d'Austrasie et se protéger de sa belle-mère Frédégonde, qui aurait pu favoriser son fils Samson sur le trône neustrien. Cependant, Brunehilde étant la tante par alliance de Mérovée, le droit canon stipule que ce mariage est de type incestueux. Par sa bénédiction, l'évêque Prétextat bafouait le droit matrimonial et des soupsons d'usurpation planèrent sur lui. Quant à Brunehilde, elle consentit à ce mariage plutôt que d'être évincée de son pouvoir de reine et envoyée dans un monastèr. Le roi se rendit alors à Rouen où le couple se réfugia, pour demander droit d'asile, dans une église en bois dédié à saint-Martin, situé en haut de murailles. Arrivé sur les lieux, il jura de ne pas les séparer et de leur offrir les gestes de la paix : un baiser échangé et un repas partagé. Le roi quitta ensuite Rouen avec Mérovée, trahissant sa promesse, laissant seule Brunehilde. Retournant dans ses états, il s'aperçu que des champenois, peut-être dirigés par le duc Loup, avait attaqué Soissons. La famille royale neustrienne avait évacué Soissons en hâte[65], qui fut reprise. Le duc Loup, proche de Brunehilde, avait pu recevoir des ordres depuis Rouen et le roi devint soupçonneux. Ainsi, Mérovée fut dépouillé de ses armes, lui faisant perdre son rang d'homme libre et tout droit de succession. Son fils Clovis eut pour tâche de reconquérir avec une armée les anciennes possessions neustriennes au sud de la Loire.
Il s'entoura de nouvelle personnalité dont Rauching, qui fut peut-être un fils non reconnu de Clotaire Ier, et qu'il fit duc de Soissons. Frédégonde devint conseillère.
A l'été ou l'automne 576, Mérovée fut tonsuré, ordonné prêtre et enfermé dans le monastère Saint-Calais, près du Mans. Brunehilde, ses filles et leur trésor furent renvoyées en Austrasie. Elles laissèrent toutefois une partie du trésor composé de cinq paquets d'or, de bijoux et de tissus précieux que la reine revint chercher, grâce à des groupes de serviteurs, dans les mois suivan.
Chilpéric fit assassiner son fils Mérovée en 577 puisque ce dernier avait épousé sa tante Brunehilde.
Fin 577, le duc Gontran Boson vint chercher ses filles à l’abri dans la basilique saint-Martin. Mais alors qu’il était pourchassé par l’armée neustrienne, il se réfugia à Poitiers, ville restée fidèle à l’Austrasie. Chilpéric fit assiéger et capturer la ville. Le duc laissa ses filles dans la basilique de saint-Hilaire, qui purent bénéficier d’un droit d’asile, et rejoigna la cour de Childebert II. L’année suivante, il récupéra ses filles.
Les années qui suivirent, Chilpéric leva une armée dans les cités au sud de la Loire pour attaquer les bretons. Il leva également de lourds impôts dans les cités aquitaines qui n’en payaient plus depuis qu’elles changeaient régulièrement de souverain. Il profita de ces richesses pour faire fabriquer un missorium (grand disque de métal) en or incrusté de pierres précieuses et pesant 50 livres, ce qui lui permit d’afficher sa puissance auprès d’ambassades étrangères. Il dut en outre mater une aristocratie qui avait tendance à se révolter, face à la précarité d’existence de la dynastie neustrienne. Il ordonna que l’on coupe les mains et les pieds à plusieurs personnes coupables de crime de lèse-majesté à titre d’exemple. Ils furent ensuite exposés aux carrefours des grandes routes, la loi salique interdisant qu’on les achève.
Les années suivantes, Frédégonde mit au monde Chlodobert et Dagobert. En 580, Grégoire de Tours, avait été nommé à l'évêché de Tours par Sigebert Ier et Brunehilde, cela au mépris des clercs locaux qui se voyaient privés de promotion par un auvergnat se prétendant être un véritable Tourangeau et l'héritier d'homme qui avait tenu le tombeau de saint Martin depuis deux siècles. Cette attitude lui valu de l'animosité de la part des clercs locaux, ce qui l'obligea à rester fidèle à l'Austrasie pour se maintenir dans son diocèse. Il se fit l’ami du grand officier palatin Ansoald, proche de Frédégonde, dont il obtint la destitution de son ennemi personnel le comte de Tours Leudaste[81] que les serviteurs du prince Mérovée avaient pillé les domaines peut-être selon les conseils de l'évêque[82], qui fut remplacé par Eunomius. Leudaste se rendit alors auprès du roi pour expliquer que l’évêque de Tours voulait livrer la ville à l’Austrasie et qu’il propageait une rumeur selon laquelle la reine Frédégonde aurait commis un adultère avec l’évêque Bertrand de Bordeaux, lointain parent de Chilpéric. Par peur que le doute n’atteigne la légitimité de ses fils, Chilpéric ordonna une enquête sur l’origine de la rumeur. Des clercs du diocèse de Tours en profitèrent pour déstabiliser leur évêque et celui de Nantes, Félix, régla des comptes avec lui. Il convoqua un concile pour juger l’évêque, qui se déroula dans le palais royale de Berny, au mois de septembre. L’évêque Bertrand de Bordeaux fut attitré accusateur. L’évêque Grégoire chercha des soutiens auprès de la princesse Rigonthe, ainsi que de grands officiers palatins, tel que le chambrier Eberulf et peut-être du référendaire Faramod.
Saint Grégoire, archevêque de Tours, et saint Salve, évêque d'Albi, devant Chilpéric Ier. Grandes Chroniques de France de Charles V. XIVe siècle. Bibliothèque nationale de France.
Le jour du procès, il vint en compagnie du poète Venance Fortunat, qui se mit au service de Chilpéric, en échange de son pardon. Un éloge panégyrique célébrant le roi fut récité devant le concile, rendant Chilpéric comme fils préféré de Clotaire Ier. Il retranscrit l’assassinat de Sigebert Ier comme un châtiment divin frappant celui qui avait attaqué un bon roi, et la mort de son fils Mérovée, « rebelle en arme », fut interprétée comme une prévention contre la guerre civile. Chilpéric possédait quelques connaissances concernant la trinité dont il aurait rédigé un traité. Même si Grégoire de Tours disait que le traité était absurde, le poème ajouta donc que le roi excellait dans toutes ses œuvres et fut considérer comme un théologien des temps modernes. De plus, le souverain s’était tenté à l’écriture de hymnes dédiés à saint-Médard, que l’évêque jugeait médiocre. Le poète rendit alors hommage à la qualité de ses pièces. La suite fit l’éloge de la reine : fidèle, généreuse, prudente, bonne administratrice. La reine Radegonde fut citée comme témoin de sa probité, les « mœurs de la reine étant les parures du royaume ». Le poète recommanda enfin au roi : « Domptez les méchants, protégez avec amour ceux qui vous sont fidèles, soyez aussi pour les catholiques la tête de la religion». Grégoire de Tours fut alors innocenté en échange d’un serment purgatoire, le comte Leudaste fut accusé de calomnie envers l’évêque. Il fut alors destitué et dut fuir le royaume. Selon Grégoire de Tours, à la suite du jugement, un tremblement de terre dévasta Bordeaux, des pluies diluviennes firent déborder la Loire, un incendie se propagea à Orléans et la grêle ruina Bourges mais l’Austrasie fut épargnée par les cataclysmes.
Mort de Clodebert à Soissons par Albert Maignan. Vieilles Histoires de La Patrie, 1887.
Une épidémie de dysenterie dévasta les Gaules. A Paris, elle atteignit les princes Chlodobert et Dagobert. Pour obtenir leur guérison, la reine brûla les registres des impôts qui faisaient polémique. Mais Dagobert fut emporté par la maladie et fut enseveli dans la basilique saint-Denis. Chlodobert fut mené à Soissons, dans la basilique de saint-Médard où des prières furent adressées au saint mais l’enfant royal mourut. Il fut alors enseveli dans la basilique des saints Crépin et Crépinien. Clovis, le dernier fils d’Audovère, se vanta d’être l’unique héritier du trône, insulta Frédégonde et lui fit comprendre qu’elle aurait à subir sa vengeance, une fois monté sur le trône. Frédégonde fut alors persuadée que la mort de ses fils était due à un maléfice que Clovis avait commandité à la mère d’une servante de Frédégonde dont il était tombé amoureux. La servante fut battue et ses cheveux coupés, suspendus à un pieu devant le logis du prince. La mère de la servante fut torturée, et contrainte de confirmer les déclarations qui pesaient sur elle. La reine accusa alors Clovis de haute trahison auprès du roi. Il fut alors arrêté et désarmé lors d’une partie de chasse. Il fut conduit garrotté auprès de la reine et on tenta de lui faire avouer le complot ainsi que ses supposés complices, ce qu’il réfuta. Trois jours après, la reine le fit conduire dans une maison appelée Nogent de l’autre côté de la Marne où il fut poignardé et enterré. Des messagers annoncèrent au roi que le prince s’était suicidé. Frédégonde fit alors assassiner la mère de Clovis, Audovère. Basine, dernière fille d’Audovère, fut quant à elle violée par les serviteurs de la reine, rendant la princesse inapte au mariage, puis cloîtrée au monastère Sainte-Croix de Poitiers auprès de Radegonde et des filles de Caribert Ier. N’ayant plus de fille à marier pour nouer des relations diplomatiques, le roi se repentit d’avoir toléré ces crimes. Venance Fortunat offrit alors à la cour deux poèmes considérés comme épitaphe, en mémoire des deux princes. Afin d’être définitivement pardonné, Grégoire de Tours accrédita la thèse du meurtre, même si cela n’apparaît pas dans ses histoires rédigées des années plus tard : une lettre de consolation rédigée par Venance Fortunat fut envoyée au couple royal insinuant que Clovis était à l’instigation des meurtres « Abel, le premier, succomba frappé d’une blessure lamentable et la houe déchire les membre d’un frère. ». Il décrivit les deux enfants arrivés au paradis habillés d’une « chlamyde palmée tissée d’or éclatant et leur front porte un diadème aux pierres précieuses diverses ». Grégoire de Tours rendit ensuite visite au roi et à la reine à Nogent-sur-Marne en 581, où il leur rendit un autre poème consolatoire de Venance Fortunat.
En septembre 584, il est à son tour assassiné à Chelles après sa partie de chasse. L'emplacement où Chilpéric est assassiné est connu sous le nom de "pierre de Chilpéric", ou "Croix de Sainte-Bautheur" ou "borne de Chilpéric"
Borne de Chilpéric.
Son fils, Clotaire II devint roi à 4 mois, sous la tutelle de sa mère Frédégonde et la protection de son oncle Gontran, roi de Burgondie, qui récupère au passage le royaume de Paris.
Mariages et enfants [modifier]
Chilpéric a d'abord épousé vers 549 Audovère († assassinée 580) qui donne naissance à :
* Théodebert (v.548-551 † 573), vaincu et tué par les ducs Godegisel et Gontran Boson alors qu'il dévaste la Touraine, possession de son oncle Sigebert Ier.
* Mérovée († 577), marié à sa tante par alliance Brunehilde et tonsuré, puis tué sur l'ordre de son père.
* Clovis († 580), assassiné sur l'ordre de Frédégonde
* Basine, violée par les hommes de Frédégonde après la mort de Clovis, puis religieuse au monastère Sainte-Croix de Poitiers.
* Childesinde, dont l'existence est sujette à caution, car elle n'est pas cité par Grégoire de Tours, mais seulement par le Liber Historiae Francorum, un siècle et demi plus tard.
Selon le Liber Historiae Francorum (en 727), Audovère aurait tenu sa fille Childesinde sur les fonds baptismaux, devenant ainsi sa marraine et imposant la rupture immédiate de son mariage. Mais comme aucun document comtemporain ne mentionne cette histoire, on peut mettre en doute son autenticité.
En 564, Chilpéric se remarie avec Galswinthe († 567), fille d'Athanagild, roi des Wisigoths, et sœur de Brunehilde, femme de Sigebert Ier, roi francs d'Austrasie. Elle entre rapidement en conflit avec son mari à propos de la liaison qu'il entretient avec Frédégonde, réclame son retour en Hispanie et est retrouvée étranglée dans son lit.
En troisième noces, Chilpéric épouse Frédégonde († 597), probablement issue d'un milieu peu élevé, comme le suggère Grégoire de Tours. De ce mariage sont nés :
* Rigonthe (v. 569 † 589), fiancée au prince wisigoth Réccared. Lorsque le convoi qui l'emmène en Hispanie apprend la mort de son père, son escorte pille les richesse du convoi et l'abandonne. Elle se réfugie dans le palais de sa mère et se débauche.
* Clodebert, mort de dysentrie en même temps que son frère Dagobert en 580.
* Samson, né vers 573, mort de dysentrie en 577.
* Dagobert, mort de dysentrie en même temps que son frère Clodebert en 580.
* Théoderic, né en 583, mort de dysentrie en 584.
* Clotaire II (584 † 629), roi de Neustrie, puis de tous les Francs.
Publié le 09/01/2009 à 12:00 par didgeridoo
Clotaire II, dit le Jeune, (Printemps 584 † 18 octobre 629) est un roi de Neustrie de 584 à 613 et un roi des Francs de 613 à 629, après la conquête du royaume d'Austrasie. Il est le fils de Chilpéric Ier, roi de Neustrie, et Frédégonde.
Sommaire
Biographie
Clotaire II roy des Francs (584-629). Anachronisme d'un artiste du XVIIIè siècle, puisque l'on ne peut pas parler de France au VIIème siècle. Ni même de Francie.
Fils de Chilpéric Ier et de Frédégonde, il devient roi de Neustrie à l'âge de quatre mois. En 593, même s'il s'agit d'une présence symbolique car il n'a que neuf ans, il apparaît à la tête de ses armées qui mettent en déroute le duc champenois Wintro qui cherchait à envahir la Neustrie. En 596, il ravage les environs de Paris. Sa mère meurt en 597 et ses cousins Thierry II et Théodebert II s'allient pour le battre à Dormelles (600) et le forcer à signer un traité qui ne lui laisse que les régions de Beauvais, Amiens et Rouen en royaume.
Une première tentative de reconquête de son royaume se solde par un échec et la mort de son fils Mérovée en 604. Clotaire change alors de stratégie et se rapproche de Thierry II en 607 et devient le parrain de Mérovée, un des fils de ce dernier. En 608, Thierry II renvoie son épouse wisigothe et se brouille avec son beau-père Wittéric, qui forme avec Clotaire II, Théodebert II et Agilulf, roi des Lombards une coalition contre Thierry II, mais qui n'est pas suivi d'effet.
La haine entre les deux frères Thierry II et Thibert II croit en ces derniers s'affrontent en 611. Thierry II demande l'aide de Clotaire, lui promettant la moitié nord de la Neustrie, écrase son frère en 612 et le fait exécuter ainsi que ses enfants. Comme convenu, Thierry donne à Clotaire le nord de la Neustrie, mais ne tarde pas à organiser une invasion de la Neustrie, quand il meurt de dysenterie à Metz. Ses troupes se dispersent immédiatement, et Brunehaut place sur le trône d'Austrasie son arrière petit fils Sigebert II.
N'acceptant pas la tutelle de Brunehaut, les nobles austrasiens font appel à Clotaire II, qui envahit l'Austrasie, met la main sur le jeune roi et ses frères, qu'il fait massacrer à l'exception de son filleul Mérovée. Il fait périr Brunehilde d’un affreux supplice : elle fut traînée par un cheval indompté, attachée par les cheveux.
Bien qu'il se retrouve seul roi des Francs, il doit composer avec les particularismes régionaux. Le maire de palais, qui était auparavant un auxiliaire du roi, devient le chef de la noblesse neustrienne, austrasienne ou bourguignonne. En 623, les Austrasiens exigent d'avoir un roi particulier en Clotaire cède en nommant son fils Dagobert.
C’est du règne de Clotaire II que date l’inamovibilité des maires du palais (614) par l'édit du 18 octobre 614. Il meurt le 18 octobre 629, laissant le trône à son fils, Dagobert Ier.
Postérité
Il épouse en premières noces Haldetrude, qui donne naissance à :
* Mérovée, qui est envoyé avec Landéric, maire de palais de Neustrie, pour combattre l'austrasien Berthoald à Arele en 604, mais les deux sont tués au cours de la bataille.
* Emma, mariée en 618 à Eadbald († 640), roi de Kent
En secondes noces, il épouse Bertrude, citée en 613 et en 618, fille probable de Ricomer, patrice des Burgondes, et de Gertrude d'Hamage. Elle a eu au moins :
* Dagobert Ier (v. 611 † 639), roi des Francs
et peut-être :
* un fils mort jeune vers 617.
* Berthe, épouse de Warnachaire († 626), maire du palais d'Austrasie.
En 618, il se marie avec Sichilde, qui était auparavant sa concubine et qui avait déjà, sœur de Gomatrude, épouse de Dagobert Ier, roi des Francs, et probablement de Brodulfe (ou Brunulfe), soutien de son neveu Caribert II. Elle donne naissance à :
* Caribert II († 632), roi d'Aquitaine.